L'adultère provoque de drôles de sensations.

Quand on vit en couple depuis quelques années, malgré une vie amoureuse devenue routinière, on ressent parfois un manque. Un vide. Une absence que rien ne semble pouvoir combler.

Loin de moi l'idée de faire des généralités. Mais pour ma part, je repense sans cesse à ces jeux de séduction avec Karim. Ce simple jeu qui en dit long. Ces messages subtils qui, dans la tête d'un homme, sont souvent difficiles à décoder.

Et parfois, il suffit d'un seul « oui » pour faire basculer une vie. Un mot murmuré dans le feu de l'excitation, avalé par le vertige du désir, et plus rien ne sera jamais comme avant.

L'instant où tout a basculé

Je ne sais par où commencer tellement cela me gêne encore.

J'ai 37 ans. Mariée à un homme que j'aime de tout mon cœur. Un homme bon, attaché, fidèle, qui s'appelle Marc et qui ne mérite rien de ce qui arrive. Pourtant, mes envies, mes besoins sont devenus plus forts, plus présents. Comme une vague qui monte, inexorable, et qu'on ne peut plus retenir.

À l'inverse, mon mari se montre plus calme. Plus rangé. Plus distant. Au point qu'il m'arrive, depuis pas mal de jours, de fantasmer à une nouvelle rencontre avec Karim.

Ce nom. Ce simple nom suffit à faire naître un frisson dans mon ventre. Un frisson que je connais trop bien maintenant.

Quelques jours après nos échanges, Karim avait réussi à me convaincre. Ses mots, habilement choisis, dessinaient une réalité parallèle où notre étreinte dans les toilettes n'était qu'une simple parenthèse, une escapade sans conséquences.

"Tu n'as rien fait de mal, Laura. On a juste partagé un moment, une petite parenthèse."

Et j'avais envie de le croire. Besoin de le croire.

Le fait était que l'abstinence de mon mari me troublait énormément. Chaque nuit où il se tournait vers le mur, chaque matin où il m'embrassait sur le front sans me regarder dans les yeux, chaque geste esquissé puis retenu... tout cela creusait en moi un vide que je ne savais plus comment combler.

Car oui, dans mon couple, l'intimité s'effilochait.

Chaque tentative timide pour ranimer la flamme se heurtait à l'indifférence ou à la fatigue. Un soir, une rage sourde m'a envahie alors que je voyais mon mari détourner le regard une fois de plus. Il avait le match dans le salon. Il s'est endormi avant la mi-temps.

Cette frustration, je l'ai canalisée ailleurs. J'ai allumé mon téléphone professionnel. Et là, dans l'écran lumineux, un message de Karim m'attendait.

Le lire. Lui répondre. C'était comme un baume sur une brûlure que personne ne voyait.

Chaque notification devenait une excuse déguisée pour replonger dans notre relation virtuelle. J'avais compris une chose : il faisait partie de moi désormais. De mon quotidien. De mes pensées. Mon esprit était accro à son attention, mon corps à son désir.

J'ai tenté d'évoquer ce qui s'était vraiment passé entre nous, cette baise crue et rapide dans les toilettes. Mais il esquivait. Lorsqu'il en parlait, c'était pour complimenter ma robe ce jour-là, mon décolleté, ou... mes chaussures.

"J'adore tes pieds, ils sont si sexy", disait-il.

Et bizarrement, cela me faisait frémir.

Un moment très agréable au fond, empli de compliments, de confessions. J'ai été jusqu'à lui avouer les difficultés de mon couple, le manque de piment. Je lui parlais, je me livrais, comme au confident qu'il était au début.

Alors que je m'efforçais dans mes propos de lui faire comprendre que nous avions fait une belle bêtise, au fond je n'étais même pas certaine d'avoir fait une bêtise.

Il a tourné autour pendant une heure. Il parlait d'autre chose. De ma robe. De mes pieds. De la pluie sur la vitre du bureau. Et puis, à un moment où je ne l'attendais plus, la phrase est arrivée sur l'écran, nue, sans préparation.

Je me souviens de cette pause café. Tremblante. Le téléphone serré dans ma main moite. Mon cœur battait si fort que je l'entendais résonner dans mes oreilles. J'ai regardé l'écran longtemps. Assez longtemps pour que quelqu'un me demande si tout allait bien.

La phrase était déjà là depuis la veille : Demain. 9 h 30. Je l'ai relue jusqu'à ce que le mot « demain » ne veuille plus rien dire.

J'ai rigolé plus que d'ordinaire sous les questions osées qui pleuvaient. J'ai dû le mettre en confiance sans même m'en rendre compte. Que m'a-t-il pris d'accepter son invitation ?

Sans en parler à personne. Surtout pas à mon mari.

Le lendemain, après avoir déposé les enfants à l'école, j'ai pris la départementale que je connaissais par cœur.

Direction : un parc public en bordure de ville, pas loin de mon travail. L'automne se fait encore attendre en cette fin du mois d'octobre. Les arbres n'ont pas encore perdu leurs feuilles, à peine si leurs couleurs commencent à virer dans des tons de rouille tandis que quelques taches jaunes commencent à apparaître. Le gazon est détrempé. Il y a une odeur de terre mouillée et de feuilles qui pourrissent, et le banc où je me suis assise est glacé à travers mon jean.

Mon cœur battait à se rompre. J'avais choisi une tenue « neutre » : un jean slim avec une ceinture, des baskets. Une armure symbolique pour lui signifier ou me persuader qu'il n'aurait pas ce qu'il voulait. J'avais même laissé mes cheveux attachés, exprès.

Il était déjà là. Adossé contre un arbre, les bras croisés, un sourire aux lèvres.

Il ne m'a pas laissé le temps de dire un mot. "Ton cul a une super forme dans ce jean", lança-t-il, cru et direct, avant d'ajouter : "Mais j'aimais tes cheveux détachés, comme la dernière fois."

Mon armure de coton et de denim semblait déjà se fissurer.

Assise sur un banc, j'ai tenté de plaider notre cause. De lui expliquer que c'était mal, qu'il fallait en rester là. Mais je parlais dans le vide. Il m'écoutait comme on écoute la pluie.

Imperturbable, il a balayé mes arguments d'un revers de main. "C'est naturel, Laura. Tu as juste besoin d'attention, et je suis là pour ça."

Ses doigts ont effleuré mes genoux. Puis mes cuisses. Chaque caresse dissipait un peu plus mes résolutions. Un frisson a parcouru ma peau, de mes cuisses à ma nuque, comme un courant électrique.

J'ai senti une chaleur monter entre mes jambes. Une chaleur que je connaissais bien. Celle qui me faisait perdre la raison. Le jean serré n'arrangeait rien : je le sentais à chaque mouvement.

Une heure à discuter. À subir ses regards de braise sur mon corps à la moindre occasion. Je cachais mon excitation, rougissant plus d'une fois devant ses avances. Un joggeur est passé à vingt mètres, casque sur les oreilles. J'ai retenu mon souffle jusqu'à ce qu'il disparaisse derrière les arbres.

Je ne saurais dire à quel moment exact j'ai cédé.

Terrassée entre l'envie de remettre cela et l'envie de me ressaisir, de me calmer et de partir.

"Je dois partir !"

Il m'a répondu qu'il ne pouvait pas me laisser partir ainsi. Tout en me caressant les genoux. Remontant jusqu'à mes cuisses. Ses mains baladeuses eurent vite raison de ma bonne foi.

Un instant, j'étais assise, essayant de me convaincre moi-même. L'instant d'après, j'étais dans ses bras. Son souffle chaud sur mon cou. Ses lèvres sur ma peau. Le parc était désert. Presque.

9 h 30. Le monde travaillait. Et moi...

Je n'ai pas pu, pas su le repousser. Nos langues se sont nouées dans un long baiser fougueux. Un baiser qui m'a coupé le souffle. Il avait le goût du café et d'un chewing-gum à la menthe.

Fier de dominer sa proie. Comme la première fois, je n'ai eu aucune réaction de refus. J'ai même... apprécié.

Je lui ai dit que nous étions fous. Mais tout en pressant ma main sur son sexe qui déformait déjà son pantalon. J'ai halluciné devant la grosseur de l'engin.

"Ce n'est que sexuel", ai-je murmuré entre deux baisers.

Je me suis retrouvée, sa queue en main, le masturbant comme une folle dans un lieu public. La honte et l'excitation se mêlaient en moi dans un cocktail détonnant.

Situation un peu humiliante. Je me suis retrouvée à genoux derrière un arbre. L'herbe était froide et mouillée, ça m'a traversé le jean en dix secondes. Face à son sexe dressé, impressionnant, presque intimidant. Il a passé son pouce sur ma lèvre inférieure. « Regarde-moi. » J'ai levé les yeux. Je n'ai plus pensé à rien.

J'étais tétanée. Jamais personne ne m'avait parlé comme il me parlait. Jamais personne ne m'avait demandé ça. Moi qui ne le faisais que très rarement à mon mari, et qui n'avais jamais vraiment été adepte de ce genre de pratique, j'étais là, à genoux dans un parc, à neuf heures et demie du matin.

"Tu es si belle", a-t-il murmuré.

Il m'a alors guidée vers ce morceau de chair humide qui se dressait pour moi.

Ce fut comme une clé qui déverrouillait tout en moi.

Un vide dans ma tête. Un abandon total. Une sensation de flotter hors de mon corps.

Et puis, timidement d'abord, j'ai saisi la queue à sa base. Je l'ai redressée. Bouche en avant, j'ai englouti cette part de lui. Goûtant son désir. Contrôlant le rythme.

Il me regardait, captivé. Aimant que mon regard fuie le sien. Aimant que je m'abîme dans cet acte de soumission assumée.

Ses encouragements : "Continue, tu es belle comme ça."

La sûreté de ce jeune homme me sidérait. Ses mots me rendaient encore plus salope. Je m'appliquais à glisser, à gober et même à lécher le morceau. Moi qui parfois rechignais devant cette pratique avec mon époux.

Sa queue prenait encore plus d'ampleur. Je la sentais durcir encore dans ma bouche. Je sentais ses mains dans mes cheveux, qui guidaient, qui pressaient, qui possédaient. J'espérais franchement qu'il en finisse. J'eus bien du mal à imaginer baisser mon jean dans ce lieu en plein jour — et pourtant l'idée m'a traversée. Elle m'a traversée et elle est restée.

Quand sa jouissance est montée, il n'a pas retenu son souffle. Il m'a juste demandé de ne pas bouger.

En quelques secondes, une cascade de sperme est venue inonder ma bouche. Une belle quantité de semence que j'ai pris soin de ne pas laisser couler pour éviter d'en avoir sur mon visage, ma poitrine ou mes vêtements.

Un goût fort dans la bouche. Je sentais ce liquide chaud se répandre en moi. Sur ma langue. Au fond de ma gorge.

Enfin, j'ai recraché son plaisir avec un sourire que je ne me connaissais pas.

Un sourire de femme qui venait de naître.

J'ai cherché une lingette dans mon sac. Je n'en avais pas. J'ai craché deux fois dans l'herbe, comme une gamine. J'ai remis mes cheveux. Il m'a regardée faire, sans rien dire, et c'est ce silence-là que j'ai détesté le plus.

Morte de honte, en arrivant au travail. J'ai eu peine à soutenir le regard de mes collègues. Sophie m'a regardée deux secondes de trop, par-dessus son écran, et n'a rien dit. Heureusement, j'ai vite pu m'isoler dans les sanitaires et cacher mes méfaits. Me rincer. Me maquiller légèrement. J'avais le goût encore dans la bouche. J'ai mâché trois chewing-gums d'affilée.

J'étais folle. Si quelqu'un nous avait vus... J'ai eu bien de la peine à me remettre au travail les jours suivants.

À 20 h, je reçois un message pour me féliciter, me disant que je lui avais fait une pipe difficilement oubliable. Sur le coup, des images de cet instant me reviennent.

Son message, à mon retour chez moi, m'avait rendue plus sûre de moi, et à vrai dire, j'étais plus à l'aise derrière un écran. Je n'avais pas été entièrement satisfaite de ma prestation, et je lui fis part de mes états d'âme.

En parallèle, j'étais honteuse d'avoir osé laisser ce mec me traiter comme ça, dans deux lieux publics, comme une vulgaire salope. J'avais beaucoup perdu en si peu de temps.

Une partie de mon esprit continuait cependant à résister. Se forçant à croire, à dire qu'il fallait cesser au plus vite cette histoire qui n'avait aucun avenir.

Mais une autre partie de moi, une partie plus profonde, plus sombre, savait déjà que je retomberais.

Ce jour-là, ma soumission est née.

Honteuse, je le suis encore. Pourtant, j'espère que d'écrire m'aidera.

Et depuis, ma vie a changé.